Les oiseaux migrateurs risquent d'en exporter le virus mortel
La Russie, qui cherche à enrayer une épidémie de grippe aviaire en Sibérie, a averti lundi la communauté internationale que les oiseaux migrateurs risquaient d'en exporter le virus mortel en Europe et au Proche-Orient dans les prochains mois.
Précédemment limitée à cinq zones reculées de Sibérie, l'épidémie semblait s'étendre vers l'ouest lundi, le virus ayant atteint la grande région industrielle de Tcheliabinsk, dans les monts de l'Oural, qui séparent l'Asie de l'Europe.
«En plus du sud de la Russie, les oiseaux migrateurs pourraient propager le virus dans les pays voisins (Azerbaïdjan, Iran, Irak, Géorgie, Ukraine, pays méditerranéens) car les routes migratoires partant de Sibérie passent également à travers ces régions en automne», a déclaré Guennadi Onichtchenko, principal épidémiologiste de l'Etat russe.
Les autorités russes combattent la grippe aviaire, dont le virus peut tuer des humains, depuis la mi-juillet. Lundi, elles ont fermé les routes autour de villages affectés et tué des centaines de volatiles pour contenir l'épidémie, qui a également frappé deux pays voisins, le Kazakhstan et la Mongolie.
On ignore si le virus détecté dans la région de Tcheliabinsk correspond à la forme H5N1 qui a causé la mort de plus de 50 personnes en Asie depuis 2003.
Acheminé par des oiseaux sauvages migrant de Sibérie vers des régions plus chaudes, la maladie s'est peu à peu déplacée vers l'ouest en passant par les zones sibériennes de Novossibirsk, de Tioumen, d'Omsk, de Kourgan et de l'Altaï.
Dans une lettre adressée aux autorités sanitaires régionales, Onichtchenko souligne que la maladie peut aussi atteindre les grandes régions agricoles russes de Krasnodar, Stavropol et Rostov.
«Le facteur d'infection le plus probable dans les régions fédérales de Sibérie et de l'Oural tient aux migrations d'oiseaux en provenance d'Asie du Sud-Est et à leurs contacts avec des oiseaux domestiques», dit la lettre diffusée sur le site internet de l'organe officiel de protection du consommateur.
Bien que personne n'ait été contaminé jusqu'ici en Russie et au Kazakhstan, on craint que la maladie ne gagne des humains sur le continent eurasiatique, ce qui pourrait déclencher une épidémie de grippe mondiale.
Encore située en Sibérie, la région de Tcheliabinsk, séparée de la Russie d'Europe par les monts de l'Oural, est la zone la plus occidentale touchée à ce jour. Elle se trouve à un millier de kilomètres de Moscou, comme de la zone où est apparue l'épidémie. Tous les volatiles malades et contaminés y sont en cours d'abattage, a indiqué le ministère de l'Agriculture.
Vaccination en masse de la volaille au Vietnam
Le Vietnam commencera en septembre dans l'ensemble du pays une vaccination de la volaille contre la grippe aviaire, un mois avant la date prévue. En plus des poulets et des canards, les oies et pigeons qu'on trouve en particulier dans le nord du Delta du Fleuve rouge et dans le sud du Delta du Mékong, seront également vaccinés, a déclaré lundi le Département vétérinaire du pays.
Le Département a noté que le test pilote de vaccination de la volaille dans les provinces de Tien Giang (sud) et de Nam Dinh (nord) s'est bien déroulé.
Le Vietnam aura 415 millions de vaccins en stocks d'ici la fin du mois prochain, a précisé le Département, indiquant que les vaccins sont importés de Chine et des Pays-Bas. Le Vietnam dépensera près de 446,6 milliards de dongs (près de 28,3 millions de dollars) pour vacciner 160 millions de volailles au cours de la période de 2005 à 2006. Dans les mois à venir, il vaccinera les volailles de 48 villes et provinces à haut risque. Depuis que le premier cas humain de la grippe aviaire a été détecté au Vietnam en 2003, plus de 91 cas humains ont été enregistrés dans 31 villes et provinces, dont 41 morts.
Source : LEMATIN