· L’expérience est menée dans trois préfectures à Casablanca
· Un test pour la «nouvelle» approche intégrée
Un programme contre l’exclusion sociale dans la région du Grand Casablanca inaugure cette fameuse approche intégrée, qui a fait tant défaut à l’action des pouvoirs publics contre la précarité. Une expérience-pilote est menée dans trois préfectures de Casablanca, -Ben Msik, Moulay Rchid et Sidi Bernoussi- et regroupe à la fois des activités d’alphabétisation, d’éducation non formelle, de formation professionnelle et d’octroi de microcrédits. La mise en œuvre de ce programme, lancé en début d’année, s’étale sur deux ans (2005-2007). Elle a nécessité la participation de trois départements que sont le Développement social, le secrétariat d’Etat chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non formelle et le secrétariat chargé de la Formation professionnelle. A l’issue de multiples réunions, ces trois départements ont décidé la création d’une commission technique coordonnée par l’Académie régionale de l’Education nationale.
Celle-ci a effectué des investigations pour évaluer les besoins et proposé un plan d’action. Il ressort de l’étude que la population des trois préfectures est de 1,2 million d’habitants, soit le tiers de la population du Grand Casablanca. Il ressort également que 45% sont âgés de moins de 25 ans, contre 42% pour les autres préfectures de la wilaya.
Le programme vise à assurer l’éducation non formelle aux enfants de moins de 15 ans non scolarisés ou déscolarisés, moyennant un budget de deux millions de dirhams. Il se propose aussi d’offrir une formation par apprentissage à près de deux mille jeunes. Cinq millions et demi de dirhams ont été alloués à ce volet. L’alphabétisation cible 25.000 bénéficiaires et un budget de 6 millions de DH. L’intérêt accordé à la formation découle de la situation alarmante que vivent les jeunes à ce niveau. Ces derniers sont victimes dès la première année du primaire d’un fort taux de redoublement (16% des inscrits). Les redoublants sont, de plus, la quasi-totalité des cas des enfants n’ayant pas suivi l’enseignement préscolaire. Les trois préfectures sont caractérisées par un fort taux de déscolarisation (abandon + exclusion) dans la mesure où 33% des déscolarisés de la wilaya relèvent de ces trois préfectures.
Le programme comporte également un volet «création de projets d’autoemploi». Les jeunes qui présentent des projets éligibles au microcrédit bénéficieront d’un accompagnement pour le montage de leur entreprise. Le dernier volet, doté de 3,5 millions de DH, concerne les conditions de vie dans les quartiers. Il consiste en la création de 9 maisons de citoyens et 8 infrastructures sportives.
Source : L'Économiste