· 27.000 hectares d’espaces forestiers reboisés chaque année
· 40% des jeunes plants meurent avant l’âge adulte
Pour lutter contre les pertes de forêts (30.000 hectares par an), il n’y a pas d’autre solution que de reboiser. Idéalement, il faudrait que 15 à 20% du domaine soit reconstitué tous les ans. Or, le taux de reboisement atteint à peine 9% aujourd’hui.
Le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts a donc du pain sur la planche! Un «plan directeur de reboisement» adopté il y a huit ans s’était fixé comme objectif 50.000 hectares par an. Mais ce seuil n’a jamais été atteint. Au meilleur des cas, la performance est à 50% de l’objectif (27.000 hectares en 2003/2004).
La superficie totale reboisée à fin 2004 est de 553.590 hectares, soit 5,5% du domaine forestier total (qui est de 9 millions d’hectares).
Si les opérations de reboisement sont timides, c’est parce que les budgets sont limités.
Or, pour chaque hectare, il faut compter entre 6.000 et 10.000 dirhams, justifie Mourad Taroq, chef du service Reboisement au Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts.
Les ressources consacrées au reboisement s’assèchent au fil des ans. Elles sont passées de 200 millions de dirhams durant la décennie 90 à 80 millions pour l’année dernière. C’est le Fonds national forestier, avec ses maigres ressources, qui prend le relais.
Mais comment est effectué le reboisement? Les neuf directions régionales du Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts ont chacune des services chargés de sélectionner les sociétés privées avec lesquelles sont signées des conventions dans le cadre d’un cahier des charges. Les services provinciaux supervisent les opérations, encadrent et contribuent par des conseils à l’amélioration du taux de réussite.
Ce taux dépasse rarement les 60%. Si l’on prend en compte ce problème, cela voudrait dire que seulement 50% environ des pertes annuelles de forêts seraient compensées par le reboisement. Ce médiocre taux s’explique par les ravages causés par les troupeaux sur les jeunes plants et les effets de la sécheresse. Le Haut-Commissariat a donc décidé d’installer systématiquement des clôtures pour protéger les jeunes plants des dents des troupeaux.
Ce taux de réussite médiocre, le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts l’impute au manque de professionnalisme des entreprises sélectionnées pour le reboisement. «Très souvent, les sociétés sélectionnées ne sont pas du métier et n’utilisent pas les méthodes et techniques appropriées», estime Mourad Taroq. Que le donneur d’ordre doute a posteriori de la qualité des adjudicataires du marché est une bien curieuse constatation. En tout cas, cela laisse supposer que le processus de sélection n’est pas toujours transparent.
Au niveau de Rabat, on avance le fait qu’il est difficile de surveiller les services régionaux, du fait de leur éloignement.
La production de plants forestiers, elle, est réalisée dans des pépinières appartenant toutes à l’Etat. Elles sont au nombre de 67. Plusieurs ont été éliminées pour ne garder que celles qui ont une grande capacité de production et qui utilisent des méthodes modernes pour ce faire. Là encore, des sociétés privées sont sélectionnées pour se charger de la production. L’Etat met à leur disposition terrains et équipements et elles doivent produire conformément aux normes de qualité prévues au cahier des charges spéciales, en respectant les clauses techniques, le planning des opérations, l’arrosage, la dimension des plants...
A la fin de chaque campagne, les plants de dimensions requises sont réceptionnés et l’entreprise n’est payée que sur les plants conformes. Chaque année, près de 40 millions de plants sont produits. Le coût de revient d’un plant varie en fonction de la technologie adoptée (entre 0,5 et 1,5 DH).
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Domaine forestier marocain
Le domaine forestier marocain s’étend sur une superficie d’environ 9 millions d’hectares dont 4,5 millions ha de forêts et matorrals, 3 millions ha de nappes alfatières, 1 million ha d’acacia saharien et 0,5 million de reboisement.
Les principales essences forestières marocaines sont par ordre d’importance le chêne vert (1,4 million d’hectares), l’acacia saharien (1,1 million), l’arganier (830.000), le thuya (600.000), le chêne-liège, le genévrier, le cèdre…
· A l’actif du FNF, 85.000 hectares reboisés
Le Fonds national forestier a été créé par le dahir du 12 septembre 1949. Ses ressources: des taxes sur les ventes locales de produits forestiers, sur les bois importés et sur les opérations de reconnaissance et de surveillance pour particuliers.
Le fonds est également alimenté par des subventions de l’Etat et par des dons, legs et recettes diverses. 10% de ses ressources vont à la recherche forestière et 90% sont consacrés au reboisement et à la mise en valeur du patrimoine forestier.
Depuis sa création, le FNF a été à l’origine du reboisement de 85.000 hectares de terres collectives et privées. La superficie ainsi reboisée représente environ 15% de l’effort entrepris à l’échelle nationale. A noter aussi qu’une convention a été signée entre le FNF et la Société Cellulose du Maroc. 25.000 hectares domaniaux ont été mis à sa disposition pour la production de bois d’industrie à base d’eucalyptus.
Nadia BELKHAYAT
Source : L'Économiste