Le Maroc a été défait par le Togo en match amical. Nous l'aurons cherché, dirait l'autre, car cet adversaire que nous avons étrillé à Mohammedia (7-0), il y a de cela plus d'une décennie, a beaucoup progressé à telle enseigne qu'il occupe acculement la tête de son groupe dans les éliminatoires de la Coupe du monde. Ce n'est pas une mince affaire sachant les gabarits qu'il y a dans le groupe dont le Sénégal qui nous avait barré la route au Mondial asiatique.
D'aucuns se demandaient de l'opportunité de ce match contre une équipe au style typiquement africain au moment où notre dernier Himalaya à franchir est plutôt nord-africain (Tunisie). A-t-on vraiment perdu le sommeil à l'idée de recevoir le Botswana, avant-dernier obstacle, au point de solliciter un match amical contre un tel gros morceau ? Amical ? Loin s'en faut. Les Togolais donnaient l'intention de découdre avec un adversaire de leur groupe. Ils ont joué avec un tel engagement, à la limite du tolérable.
Gagner le Maroc était plus qu'un vœu, une nécessité même afin de recharger les batteries et surtout complexer leurs futurs adversaires. Que cela se fasse sur le dos de l'une des sélections les plus huppées du continent, c'est dur à avaler ! On devine la mine de Zaki sur le chemin du retour à l'hôtel.
En fait, il n'a qu'à s'en prendre à lui-même. L'équipe qu'il a alignée a été d'une passivité et surtout d'une vulnérabilité qui n'est pas sans nous rappeler la période où il venait de prendre les destinées de la sélection et qu'il se livrait à une série interminable de matches de prospection.
Que cherchait-il dans ce match de jeudi avec des joueurs qu'il ne connaît que trop bien ? Une victoire sur le Togo ? Elle serait passée pour « normale ». Et dire qu'elle était faisable contre un adversaire qui, tout compte fait, n'était pas un foudre de guerre. Sans la sortie hasardeuse de Bagui, le match serait sanctionné sans doute au moins par un nul, voire par une victoire si les nôtres étaient assez sereins.
Que d'occasions ratées par précipitation ou par maladresse ! Personne ne pourra prétexter les «absences de nombreux éléments clés». Non, notre sélection n'a pas été si amputée que prétendu car tous, sans exception, ont été titularisés avant. Seulement, la forme et l'esprit n'étaient pas là. Et c'est sans doute le risque que Zaki a pris en voulanpresser un citron sec pour n'obtenir finalement que des … pépites.
Qu'on le sache, un match de football n'est pas simplement une partie de jeu, mais bien plus, un motif de fierté. On devine la mine de ces millions de fans des Lions de l'Atlas, touchés profondément dans leur amour-propre. Non, pas vraiment pour la défaite, ils sont quand même fair-play, mais surtout par la légèreté avec laquelle ce match a été appréhendé. Et c'est là tout le mal.
Si Zaki a besoin de tester des éléments, qu'il le fasse sans grand tapage, loin des caméras, afin d'épargner la déception aux millions de Marocains fiers de leurs Lions et de leurs Lionceaux.
Brahim Oubel | LE MATIN