D'une superficie totale de plus de 240.000 d'hectares
"Nous saluons l'engagement des autorités marocaines à protéger des sites d'intérêt international. En l'absence d'une législation spécifique aux zones humides au Maroc, la désignation Ramsar constitue un atout supplémentaire pour mieux conserver et mieux utiliser les ressources de ces sites " a déclaré Mohammed Rahoui, coordinateur du programme eaux douces du WWF au Maroc.
En effet, le gouvernement vient de procéder à la désignation de 20 nouvelles zones humides qui seront désormais placées sous la protection de la convention internationale de Ramsar.
Signée en 1971 dans cette ville iranienne, cette convention est un traité intergouvernemental qui constitue le cadre des mesures prises au niveau national et de la coopération internationale en matière de conservation et d'utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.
La Convention compte 133 parties contractantes, qui ont inscrit 1201 zones humides sur la liste des zones humides d'importance internationale, représentant une superficie totale de 105,8 millions d'hectares. Les 20 nouvelles zones humides marocaines représentent une surface de 243.260 hectares et incluent des zones humides variées.
Les sites Aguelmams Sidi Ali-Tifounassine et lacs Isly-Tislite, par exemple, représentent un complexe de lacs de montagne parmi lesquels on trouve deux des lacs les plus hauts d'Afrique du Nord (altitude de plus de 2000 m dans le Haut Atlas).
Plusieurs sites, incluant le Complexe du bas Loukkos, les embouchures des Oueds Dr'a, Moulouya, Chbeyka-Al Wa'er et les zones humides de l'Oued El Maleh, sont composés de marécages salés qui jouent un rôle important pour le refuge, le repos et l'hivernage des oiseaux migrateurs, dont plusieurs espèces menacées (la Sarcelle marbrée, le Tadorne casarca, la Fuligule nyroca et le Goéland d'audouin).
Les sites côtiers tels que le Cap des Trois Fourches, l'Archipel et dunes d'Essaouira, la Baie d'Ad-Dakhla, le Marais et côte du Plateau de Rmel et la Sebkha Bou Areg, incluent des lagunes marines, des falaises maritimes, des plages sableuses et des côtes rocheuses avec une grande valeur esthétique. Ils abritent une importante variété de mollusques, de plancton et de mammifères ainsi que des espèces charismatiques, telle que le Phoque moine.
Parmi les sites désignés, on trouve des zones humides artificielles (lacs de barrage, oasis associés à des plantations de palmiers irriguées, salines) dont le rôle est prépondérant pour assurer l'approvisionnement en eau et en électricité aux populations. Ces sites incluent le Barrage Al Massira et le Barrage Mohammed V.
Ces sites s'ajoutent aux quatre zones humides déjà classées sites Ramsar depuis 1980 et qui couvrent une surface de 28.750 hectares. Dans ce cadre, le WWF appelle le gouvernement marocain à garantir la gestion durable de ces zones.
Il attire son attention sur le fait que de nombreuses menaces pèsent sur ces zones humides nouvellement désignées. Ces menaces incluent une utilisation abusive des ressources en eau, en particulier pour l'agriculture et le développement touristique, ainsi qu'une importante pollution liées aux industries et à l'agriculture.
Pour Francesca Antonelli, responsable du Programme eaux douces du WWF Méditerranée, "la désignation de ces nouveaux sites Ramsar contribue évidemment à préserver des zones humides clés au Maroc, il est important maintenant de pouvoir garantir la bonne gestion de leurs ressources.
Le WWF demande au gouvernement marocain de continuer à s'engager pour combattre les menaces qui pèsent sur ces habitats uniques ".
A noter que la décision du gouvernement marocain d'accroître le nombre et la superficie des zones humides protégées est un résultat de la collaboration entre le Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification et l'Institut scientifique de Rabat, avec l'appui financier du WWF à travers son programme eaux douces.
Source : LEMATIN