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Culture : Violant l'intimité des personnes présentent sur les lieux publics : Chasseurs d'images
Posté par Googler le 19/8/2005 0:27:11 (311 lectures)

A Casablanca, sur les plages et sur les places les plus fréquentées par les touristes, un phénomène est en train de prendre de l'ampleur. Il s'agit des promeneurs qui, soi-disant pour immortaliser le quotidien marocain, s'amusent à vous filmer ou à vous prendre en photo, négligeant ainsi vos droit d'intimité les plus élémentaires.

Ce n'est plus un loisir, c'est un harcèlement puni par la loi. Prendre des photos ou filmer les gens dans des endroits publics, notamment les cafés, les trains, les restaurants et même dans la rue, sans la moindre autorisation des autorités compétentes, et sans l'accord préalable des individus filmés, est un délit aux yeux du législateur marocain.

Deux cas figurent dans ce volet. S'il s'agit d'une caméra professionnelle ou semi professionnelle, une autorisation de tournage, à durée déterminée, est délivrée par le Centre Cinématographique Marocain (CCM), aux maisons de production, aux chaînes de télévisions, locales et étrangères, et aux réalisateurs de reportages et documentaires, pour accomplir leur mission médiatique et artistique, sous le contrôle, bien évidement, des responsables du secteur audiovisuel au Maroc.

Pour les caméras amateurs, aucune autorisation n'est à attribuer. Seul l'accord des gens filmés est exigé.
Ces derniers peuvent à tout moment avoir recours aux agents d'ordre pour confisquer l'appareil, et même traîner son propriétaire en justice. Mais le problème réside dans l'évolution technologique et la création de petites caméras capable de réaliser des films à usage professionnel.

« Le grand public n'arrive toujours pas à déterminer la différence mais il lui reste le droit de refuser d'être filmer ou pris en photo », explique un responsable au CCM sous le sceau de l'anonymat. A ses yeux, c'est aux agents d'ordre et aux tribunaux de régler ce type de conflits. Le centre ne peut intervenir que s'il s'agit d'un tournage professionnel. Et pour bien éclaircir la différence, entre professionnel, semi professionnel et amateur, dans la gamme diversifiée des caméras commercialisées au marché national, il suffit de lire les catégories mentionnées sur la face extérieure des caméras.

Les «DV Cam», ce sont des professionnelles, tandis que les «mini DV Cam» sont semi professionnelles. «Toutes les deux nécessitent des autorisations auprès des autorités compétentes», conclu le responsable CCM.

De nos jours, et depuis l'ouverture non contrôlée du marché national sur certains produits électroniques, le prix des caméras a baissé.

Ce qui a facilité au publique l'acquisition d'un appareil à photos numérique, d'un «DV Cam» et même des portables munis de caméras. Ces produits sont vendus à tout ceux qui ont les moyens de s'en procurer sans envisager des instructions fermes d'utilisation. Ainsi, le luxe de se prendre en photos se transforme, pour les autres, en un fameux cauchemar qui, quotidiennement, harcèle les foules.

Des personnes insoucieuses des lois et des droits d'intimité des autres, se trouvent, hélas, du plaisir à prendre les gens, partout, en photos, et parfois ils vont jusqu'à les filmer plusieurs minutes. Les filles et les dames sont souvent la cible préférée de ces violeurs d'intimité qui collectionnent leurs photos, pour des raisons inconnues. Parfois certains scandales dévoilent la réalité de ces actes. Sur des sites Internet, des milliers de photos, prises à la plage et dans d'autres coins publics, à l'insu des gens, exposent les parties intimes des femmes.

Ce qui peut leur coûter cher avec leurs familles et leurs sociétés. Heureusement que la plupart des touristes qui s'amusent à photographier différentes composantes du quotidien marocain, n'ont pas cette idée en tête. Mais reste à signaler qu'ils négligent le droit d'intimité de l'individu : ce droit sacré.

Ce phénomène néfaste devient de plus en plus répandu et sournois. Il arrive jusqu'au bains publics, dans les administrations, aux clubs privés, dans les saints et les mausolées. Là, des touristes ne se contentent pas d'immortaliser leurs propres moments vécus et choisissent de filmer l'ambiance qui règne dans les lieux où ils se trouvent, sans aviser les personnes présentes.



Rida Addam | LE MATIN

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