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Société : Les villes du Maroc : Rabat-Salé, une richesse architectural pleine d'histoire
Posté par Googler le 20/8/2005 22:02:18 (490 lectures)

Le patrimoine architectural de Rabat-Salé est riche en sites et monuments historiques tels Médinas, murailles, mosquées, fontaines publiques, portes, Medersas, mausolées…

La ville composée en fait de deux "villes " distinctes qu'on appelle aujourd'hui la ville de "Rabat-Salé ", comme nous le confirme l'historien et archéologue, Mohamed Es-Semmar. La ville possède effectivement une richesse urbaine qui englobe beaucoup de mausolées, de tombeaux de Sultans et de Rois du Maroc.

Ceux-ci y ont construit deux nécropoles. La première celle qui existe au Méchouar depuis Hassan 1er et Moulay Youssef et le mausolée Mohammed V, là où sont enterrés deux Rois Alaouites, feu Sa Majesté Mohammed V et Hassan II. "Ces Rois qui sont enterrés dans le mausolée de la vallée de Bouregreg nous permettent de lui donner le nom de «La vallée des Rois'", nous confie le docteur Es-Semmar.

Quant à l'affinité des deux rives sur le plan patrimonial, nous constatons beaucoup de différence en rapport avec les époques traversées, dans lesquelles l'importance de l'une par rapport à l'autre changeait aux yeux des sultans et des kalifs qui régnaient dans le temps.

L'exemple le plus frappant est celui des quatre kasbahs qui existent sur la rive gauche(kasbah des Almoravides, kasbah des oudayas, kasbah de chellah, et la kasbah des Alaouites(Touargua), alors que la rive droite n'en possède qu'une seule (la kasbah des gnawa). Nous remarquons aussi l'existence de plus de portes monumentales et de mosquées à Rabat. Par contre, Salé foisonne de Zaouiya et de mausolées de Saints. Donc, chaque règne a privilégié l'une plus que l'autre.

De ce fait, Rabat-Salé a eu l'honneur d'être le réceptacle de plusieurs monuments de valeur que nous pouvons énumérer, la ville de Sala (Ribat Chellah), le Ribat Tachfine(à proximité de la grande porte des Oudayas), la Kasbah des Oudayas, la ville de Ribat Al-Fath, le site du Chellah, l'arsenal militaire Bab Mrissa et Bab Al Farrane, Zaouiate Anoussak, l'aqueduc d'Abou Al Hassan s'étendant de Aîn Al Baraka jusqu'à la ville de Salé, la Médina de Rabat, la muraille andalouse de Bab Al Had jusqu'à bor Sidi Makhlouf, les souterrains de la Kasbah des Oudayas, la Kasbah de Touarga, Bab Laqbibat, Bab Tamesna, Bab Marrakech, Bab Rouah, Bab Laâlou, Bab Zaêr et la grande porte à l'intérieur du Palais Royal, le Mausolée d'Abou Al Hassan, l'aqueduc de Aîn Ghboula jusqu'à la ville de Ribat Al Fath, Qalâat Laâlou, les jardins des Oudayas et le Musée, les scalas, l'aqueduc de Aîn Atiq, le Palais Royal, entre autres mosquées, zaouiya et mausolées de Saints.

Mais, il faut préciser que les murailles sont les principaux monuments historiques des deux rives, car sans enceinte on ne peut parler ni de Rabat ni de Salé, puisque ce sont les limites entre l'espace urbain traditionnel et l'espace rural. Ainsi, les murailles constituent une sorte de frontière entre les deux espaces et comprennent aussi bien les grandes portes, les scalas et les tours.
Puis, bien sûr tout ce qui se trouve à l'intérieur comme Kasbahs, mausolées, mosquées, médinas etc.

Sans oublier de mentionner que le Mausolée Mohammed V, avec son aspect de modernité, peut être aussi considéré comme étant une continuité de ce patrimoine antique, puisqu'il renferme le chef d'oeuvres de toutes les civilisations qui se sont déroulées au Maroc.

"Feu Hassan II a voulu faire de ce mausolée une synchronisation de toutes les écoles architecturales de l'art arabo-musulman, commençant par les Idrissides et faisant tout un voyage à travers les Almoravides, les Mérinides, les Almohades, les Maurisques puis les Alaouites. Ce qui a donné un joyau renfermant une synthèse de la civilisation architecturale et monumentale marocaine faisant revivre l'art de l'artisanat ancestral", précise Mohamed Es-Semmar.

Il est vrai qu'une grande partie de ce patrimoine avait connu dans le passé un délaissement considérable, en dehors de certaines tentatives sporadiques de sauvegarde. Mais, fort heureusement, nous avons remarqué ces dernières années une vraie prise de conscience vis-à-vis de notre patrimoine ancestral. Comme, par exemple, la restauration des murailles qui est en train de se réaliser dans tout Rabat.

" Nous avons commencé par protéger nos murailles et tout ce qu'elles englobent comme tours, portes et scalas et nous allons essayer, en même temps, de les faire revivre en y créant des activités culturelles ou touristiques. Puis, il est aussi impératif de s'intéresser aussi aux kasbahs qui véhiculent avec elles des histoires et des traditions très antiques. Ainsi, ces kasbahs qui font partie de notre mémoire doivent être restaurées, réhabilitées et entretenues, tout en gardant leur aspect architectural typique aux époques historiques anciennes ", affirme notre archéologue et historien, M.Es-Semmar.

C'est vrai que c'est un travail très délicat qui nécessite aussi une sensibilisation du citoyen par l'intermédiaire de tous les médias (TV, Radio, presse écrite, écoles, universités, entre autres) pour qu'il soit conscient de l'importance et de la valeur réelle, historique et culturelle, de ces monuments pour pouvoir mieux les apprécier et les conserver. Tout le monde doit s'y mettre pour obtenir des résultats concrets.

Ainsi, pour partager les tâches de ce projet d'envergure, une commission spécialisée a été créée pour le cas de la Kasbah des Oudayas, sous forme d'une fondation constituée pour sa sauvegarde, vu l'état déplorable auquel elle est arrivée.

Son rôle sera de réhabiliter, restaurer et mettre en œuvre et en valeur les monuments qui existent dans cette kasbah. Quant aux constructions, la fondation essayera au maximum de respecter les normes architecturales. Ainsi, des sanctions seront appliquées contre tous ceux qui ont commis des infractions.

Cette fondation essayera en second plan de faire en sorte que la Kasbah atteigne un niveau de réhabilitation et de restauration honorable pour qu'elle soit classée monument mondial, selon le souhait de S.M le Roi Mohammed VI. Pour arriver à cela, un programme fut tracé sur trois niveaux( court, moyen et long terme) avec un budget adéquat et une équipe de spécialistes.

Ce programme se poursuivra dans l'avenir avec la formation d'autres fondations pour Chellah qui possède une valeur inestimable et un emplacement stratégique et pour la Médina de Rabat qui n'a que le nom de Médina, puisque c'est devenu un quartier populaire déplorable où l'anarchie règne sur tous les plans.

Toujours est-il, pour pouvoir régler certains problèmes de notre patrimoine national, le docteur Es-Semmar insiste sur le fait que ces monuments soient sous le pouvoir des Walis et Gouverneurs qui peuvent donner des décision concernant le sort de ces trésors architecturaux. L'exemple le plus concret est celui de la restauration du tronçon de la muraille, allant de Bab Zaêr jusqu'au ministère des Affaires étrangères qui fut restauré dans les normes de l'art par la Wilaya de Rabat-Salé, puis de celles en cours de réhabilitation dans tout Rabat-Salé.



Mohamed Es-Semmar : «les travaux de sauvegarde commenceront bientôt»


Docteur en Histoire et en archéologie islamique, Mohamed Es-Semmar est un chercheur assidu dans le domaine de l'archéologie. Ce qui lui a permis de découvrir, derniérement, un aqueduc près de la porte Bab El-Kébir(Kasbah des Oudayas). Son grand intérêt pour le patrimoine historique des deux rives du Bouregreg le motive à véhiculer ses idées et ses aspirations pour la protection et la restauration de ce trésor national. Ses paroles sont toujours nourries d'espoir pour l'avenir de ces sites et monuments.

Quel est l'état des lieux des monuments à Rabat-Salé?

Dans l'ensemble, si on commence par les remparts, les portes et les tours, je suis très satisfait du mouvement de restauration et de réhabilitation, datant d'il y a deux ou trois années, qui se fait dans les normes de l'art par la Wilaya de Rabat-Salé et d'autres organismes comme les Municipalités de Rabat, Salé et la Commune de Touarga, ainsi que le ministère de la Culture qui contribuent tous à réaliser ce grand chantier dans les meilleures des conditions.

Donc, en tant qu'historien et archéologue, je suis très content de ce qui est déjà fait et de ce qui est en cours de réalisation. J'affirme, aussi, qu'il y a une programmation globale qui concerne tous les remparts et monuments de Rabat-Salé. D'ici fin 2006, ils seront tous restaurés, que ce soit Chellah, les Oudayas, les Médinas des deux rives, ainsi que tous les anciens monuments et sites.

Une bonne éthique est mise à jour, également, concernant les Médinas de Rabat-Salé, par les ministères de l'Habitat et de la Culture, la Wilaya de Rabat-Salé et les deux municipalités, concernant le revêtement du sol, l'éclairage, le sanitaire, entre autres pour remédier à toutes les infractions commises à l'encontre de ces deux médinas.

Donc, il y a un mouvement sérieux et important, qui n'existait pas avant, motivé par des instructions Royales, insistant sur la mise en valeur de tous les monuments et sites des rives du Bouregreg. Il y a aussi un programme important, dont je suis le responsable, qui consiste à restaurer, réhabiliter et mettre en valeur le site historique de la Kasbah des Oudayas.

Les travaux de ce projet commenceront en fin du mois prochain et se pencheront essentiellement sur la restauration des monuments( l'ancienne mosquée: jamaâ Al âatiq, les remparts et chemins des rondes, le revêtement du sol, les portes, les tours, l'éclairage, l'achat des maisons en ruine...).

L'aménagement des deux rives du Bouregreg aura-t-il une certaine influence vis-à-vis des monuments historiques qui se trouvent à proximité de cette région?


Il faut signaler que le premier souci de toute l'équipe qui a travaillé sur le projet de cette vallée était de sauvegarder le patrimoine naturel et écologique, ainsi que celui architectural ancien. C'est l'une des principales conditions qui nous a toujours obsédés au cours de la préparation de ce projet. Au contraire, c'est un grand projet dont le patrimoine bénéficiera entièrement.

D'ailleurs, dans son programme est inclus un investissement spécial pour la restauration des flancs fluviaux, dont la rue des Consuls, les Mellahs de Rabat Salé, l'ancien quartier Hassane, Sidi Benâacher, Bab Mrissa et autres. Donc, ce projet sera d'un apport considérable pour le patrimoine architectural historique de cette région. Les gens qui disent qu'il y aura modernisation et défiguration des sites se trompent sur toute la ligne, car tout sera respecté dans les normes, sans aucune faille.

Où est arrivé le projet de la Fondation créée pour la sauvegarde de la Kasbah des Oudayas?

Comme nous l'avons mentionné plus haut, les travaux commenceront bientôt. Effectivement, il y a du retard, car le projet nécessitait une étude bien détaillée de tous les spécialistes, dont des architectes, des ingénieurs, des archéologues, des paysagistes et autres. Sans oublier les problèmes cruciaux d'assainissement de la Kasbah que la Rédal devra entamer en premier lieu.

Le budget alloué à ce projet qui est de cinquante millions de dirhams est là, il faut seulement résoudre tous ces problèmes pour s'attaquer aux travaux par étapes.

Ce qui est aussi impératif dans ce projet est le respect des normes exigées par l'UNESCO pour que ce site, emblème de l'estuaire du Bouregreg, puisse être classé monument mondial. C'est pour cette raison qu'on a pris beaucoup de temps afin d'avoir un bon cahier de charges à partir duquel travailleront les sociétés qui bénéficieront de ce marché.


Restauration des murailles

Les deux rives du Bouregreg, Rabat Salé, possédent une Histoire patrimoniale très riche en monuments et site archéologiques, et ce grâce aux différentes dynasties qui se sont succédées dans cette région stratégique du point de vue géographique et civilisationnel.

Ainsi, ces nombreux règnes ont été d'un grand apport architectural d'une valeur inestimable que nous devons restaurer et conserver, dans le but de préserver cette mémoire qui véhicule avec elle des histoires et des traditions très antiques.

Nous assistons, de ce fait, à une richesse urbaine qui renferme des mosquées, des mausolées, des zaouiya, des remparts, des portes, des tours, des scalas, des jardins, des fontaines publiques, des medersas...construits au temps de toutes ces dynasties qu'elles soient Idrissides, Almoravides, Mérinides, Almohades, Mauresques ou Alaouites.

Un trésor que nous n'avons pas le droit de délaisser et de détruire, comme ce fut le cas pendant de longues années. Heureusement qu'une prise de conscience a pris le dessus pour effacer toutes les ignorances du passé et remédier à cela avec une nouvelle vision concernant ce legs ancestral.

Ainsi, plusieurs projets sont en cours comme celui de la restauration de toutes les murailles de Rabat Salé, et d'autres programmes sur le point de démarrer sur les deux rives du Bouregreg. Des démarches qu'on ne peut que saluer et encourager.

Propos recueillis par Ouafaâ Bennani | LE MATIN

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