L'armée américaine a annoncé avoir lancé mardi trois raids contre un le groupe d'un chef du réseau Al-Qaïda, appelé Abou Islam, et une source sécuritaire irakienne a fait état d'au moins 56 tués dans cette attaque massive près de la frontière syrienne.
Ces raids interviennent après la fin de la rédaction du projet de Constitution et au moment où des sunnites s'emploient à forger un front, y compris avec les chiites opposés au fédéralisme, pour un non à ce texte lors du référendum prévu le 15 octobre.
"Cinquante-six personnes au total ont été tuées dans la série de raids près d'Al-Qaïm", a déclaré cette source irakienne, citant des informations en provenance de cette région située à 450 km à l'ouest de Bagdad.
"Quatre maisons ont été totalement détruites dans ces raids massifs", a-t-elle ajouté, indiquant que "16 personnes ont péri dans l'une d'elles".
Cette source n'a pas été capable de préciser si ces victimes étaient des civils ou des hommes armés et n'a pas donné de bilan des blessés.
L'armée américaine avait annoncé auparavant trois raids contre des repaires présumés d'Al-Qaïda, près de la frontière syrienne et parlé de plusieurs tués, dont un chef, appelé Abou Islam.
Dans le premier raid, quatre bombes ont visé un repaire présumé du réseau terroriste près de la localité de Karabila, a-t-elle indiqué.
Deux autres bombes ont visé une maison dans la même localité où se cacherait le chef terroriste présumé Abou Islam alors que les deux dernières bombes ont été dirigées sur une autre cible dans la localité de Hasbaya, à 6 km de Karabila, où des hommes d'Abou Islam ont pris refuge, selon un porte-parole.
Dans un communiqué, l'armée américaine a précisé que les raids avaient été lancés entre 06H20 et 0830 (02H20 et 04H30 GMT) à l'aide bombes guidées. "Il y a peu de dégâts dans les bâtiments environnants", a-t-elle indiqué, affirmant que la Force multinationale a l'habitude de "prendre des précautions pour prévenir les pertes civiles".
Hasbaya a été visée vendredi par des raids aériens et l'armée américaine avait indiqué avoir pris pour cible "50 terroristes" du groupe du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, l'homme d'Al-Qaïda en Irak, réunis dans un bâtiment, sans préciser le nombre de morts.
Les forces américaines et irakiennes ont mené ces derniers mois plusieurs opérations dans cette région de la province rebelle sunnite d'Al-Anbar.
Washington et Bagdad assurent que des combattants présumés passent la frontière syrienne pour s'infiltrer en Irak afin de prêter main forte à la rébellion, ce qui a toujours été démenti par Damas.
Au niveau politique, des sunnites irakiens, hostiles au projet de Constitution, ont indiqué veulent forger un front contre ce texte.
"Nous tentons de réunir tous ceux qui sont contre le fédéralisme et ce n'est plus désormais une affaire de sunnites", a déclaré à l'AFP le négociateur Saleh al-Motlak, du mouvement du Conseil national de dialogue.
"Nous voulons coopérer avec (le chef chiite radical Moqtada) Sadr et nous allons tenter de négocier avec lui très prochainement", a-t-il indiqué, disant envisager une prochaine conférence nationale contre le projet de Constitution.
Un responsable du courant Sadr à Bagdad a toutefois indiqué que sa mouvance n'avait pas encore arrêté de position officielle sur le projet de Constitution.
Le mouvement de M. Motlak et le Parti islamique irakien, la principale formation sunnite du pays, après avoir participé aux négociations sur le projet de Constitution, ont affirmé le combattre.
Ils estiment que ce texte, qui reconnaît l'autonomie des Kurdes et donne aux chiites la possibilité de constituer leur région, risque de diviser l'Irak.
Ces mouvements comptent réunir contre lui les deux tiers des électeurs de trois provinces pour le bloquer en tablant sur leurs troupes dans les régions sunnites où ils appellent à la participation au référendum.
Source : AFP