
Concepts et pratiques du leadership dans les organisations
Date 30/6/2005 11:29:31 | Sujet : Economie
| Témoignages de personnes initiées dans le milieu américain L'association maroco-américaine MAC a organisé une table ronde, jeudi 16 juin 2005 à Casablanca, sur le thème «Concepts et pratiques du leadership dans les organisations». Cette rencontre a été animée par plusieurs intervenants qui ont apporté leur connaissance, leur expérience et une perspective spécifique dans un domaine de plus en plus déterminant dans le développement des organisations. Mouslim Kabbaj président du MAC, a déclaré dans son intervention que «l'objectif de cette table ronde est de lancer des débats et des réflexions sur des thèmes d'actualité qui intéressent notre société et notre tissu économique en particulier. La spécificité pour MAC est de se baser sur les connaissances accumulées par ses membres notamment dans les universités et les entreprises américaines». Les concepts et pratiques de leadership occupent de plus en plus une place prépondérante dans les débats et les recherches sur le fonctionnement des organisations, privées ou publiques.
Dans la période actuelle de mutations économiques accélérées, zones de libre-échange et nouvel environnement commercial au Maroc, et la recherche continue d'amélioration de la compétitivité des entreprises, les besoins de planification à long terme cèdent du terrain à la nécessité de gérer adéquatement le changement, avec souplesse. Le développement de fortes capacités d'adaptation et d'anticipation des organisations, en interne et en externe, est donc fortement sollicité.
Pour M. Kabbaj «un leader est quelqu'un qui mobilise un ensemble de personnes pour les conduire vers un objectif commun. Tout en préservant l'efficacité collective, il permet la créativité, l'initiative et la remise en cause». Il a ajouté par ailleurs «qu'on a besoin énormément de leader dans une société en mutation».
La partie soft du management, c'est-à-dire les ressources humaines et les relations entre elles et hiérarchiques, en fait la dimension psychologique des groupes sociaux, prend toute son ampleur dans le fonctionnement des organisations. Les questionnements liés à la motivation, à la persuasion et à la négociation, ainsi que les qualités humaines, deviennent alors particulièrement significatives. Ce faisant, l'existence et le rôle des leaders pour expliquer soit la réussite et le développement des entreprises, soit leur échec, retient fortement l'attention des observateurs.
Pour Taoufik Ibrahimi, P.-D.G. de Comanav, «le leader doit assurer le changement pour le progrès que ce soit en groupe ou en organisation. Les groupes sociaux ont besoin de personnes pour assurer ce changement». M. Ibrahimi a expliqué qu'«on confond l'autorité et leader. Mais un leader a besoin d'autorité pour exercer son leadership» et d'ajouter que «beaucoup de contraintes de l'autorité sont des obstacles pour exercer le leadership». «Un leader est quelqu'un qui a une vision. Il a un sens commun du but qui vient du groupe», a lancé M. Ibrahimi et de poursuivre que «le leader doit créer un environnement propice pour faire exprimer toutes les voix même celles qui ne vont pas dans le même sens».
Il est clair que le leader doit savoir écouter et identifier le niveau d'adaptation du groupe. «Un leader n'est pas une personne providentielle ni une star». Pour sa part, Samya Bouchareb, directeur général de Coca Cola, a souligné dans son intervention qu'«on apprend à être leader. Le leader doit reconnaître ses fautes et mesurer et prendre les actions correctives. C'est un ensemble de valeurs». «Il est clair, a affirmé Mme Bouchareb, que le leader a besoin d'instaurer la confiance de l'équipe. Pour ce faire, il a besoin de professionnalisme pour assumer ses responsabilités».
Les références historiques et contemporaines aux grands leaders, que ce soit en politique ou dans les organisations, à l'étranger ou au Maroc, ont eu une influence certaine sur notre manière de percevoir le leadership aujourd'hui. Les analogies ou amalgames entre leadership et autorité, pouvoir, chef, patron ainsi que les stéréotypes qui en découlent ont également influencé notre culture du leadership au niveau des organisations nationales.
«Un bon leader ce n'est pas d'avoir des idées brillantes mais de les concrétiser», a expliqué Asma El Kasmi d'Al Akhawayn/ONEP. Elle a toutefois précisé que «le leadership a des limites et il faut capitaliser celui des autres. Il est donc normal de s'adapter à son environnement».
Selon Karim Amor, président de Jet Group, «le leadership n'est pas le monopole de certaines personnes». «On peut tous être des leaders, a-t-il souligné, il faut seulement avoirs les atouts et les armes pour l'être. Un leader est une vision et un comportement. Pour être leader il faut être en bas et être un serviteur et se mettre dans le temps du changement».
«On a passé d'une complexité statique à une complexité dynamique», a déclaré Zineb Laghzaoui, directrice de IS-Force. Elle a mis en exergue la nécessité de développer le leadership. Il fallait donc utiliser le courage et la persévérance. Pour Othman Sherif Alami, patron d'Atlas Voyages, «la notion de leadership doit être cernée dans le contexte marocain». «Le leadership, a-t-il lancé, c'est aussi la solidarité et la crédibilité. Quand il n'y a pas de crédibilité, il n'y a pas d'engagement».
Charaf Jaidani | LE MATIN
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