
La police sur le pied de guerre face aux extrémistes israéliens
Date 30/6/2005 11:43:10 | Sujet : Politique
| Retrait de la bande de Gaza La police était sur le pied de guerre hier mercredi pour empêcher des extrémistes de droite de bloquer la circulation sur les principales routes d'Israel en vue de dénoncer le retrait israélien de la bande de Gaza, qui est de moins en moins populaire parmi l'opinion publique.
Selon un sondage rendu public par la radio militaire, le soutien au retrait des soldats et des colons israéliens de la bande de Gaza, au sein de la population juive est pour la première fois descendu sous la barre des 50%, à 48%, alors que le pourcentage des opposants est de 41%. Ce sondage, commandé par les opposants au retrait auprès de l'institut Migdam, a été réalisé «selon tous les critères professionnels», a assuré le directeur de cet organisme Mano Geva, sans préciser cependant le nombre de personnes interrogées et la marge d'erreur.
D'autres sondages publiés ces dernières semaines avaient déjà fait apparaître une baisse du soutien à l'évacuation à partir de la mi-août de la bande de Gaza et des plus de 8.000 colons installés dans ce territoire palestinien et dans quatre petites implantations du nord de la Cisjordanie.
Le commissaire Koby Cohen, chef des opérations de la police, a déclaré à la radio publique que plusieurs milliers de policiers avaient été déployés dans tout le pays «pour assurer la libre circulation des voitures». Des hélicoptères, reliés à un QG spécial de la police, surveillent la circulation alors que des dizaines d'ambulances ont été mobilisées pour parer à toute éventualité, selon la radio. Le «foyer national», une organisation regroupant une kyrielle de mouvements d'extrême droite, a appelé à passer à l'action à partir de 17H00 locales (14H00 GMT) aux principaux carrefours du pays. Dans la matinée, le trafic a été perturbé sur l'autoroute Tel-Aviv-Al-Qods, des inconnus ayant semé des clous et répandu de l'huile sur la chaussée, selon la police.
Le Premier ministre Ariel Sharon a affirmé, durant une réunion du cabinet de sécurité, que «la police et les services de sécurité ont reçu ordre d'utiliser tous les moyens pour éviter que des routes soient bloquées». De son côté, le conseiller juridique du gouvernement Menahem Mazouz a souligné que les autorités avaient durci leur politique vis-à-vis des «fauteurs de troubles». Selon lui, près de 800 activistes ont été arrêtés ces dernières semaines et que 45 d'entre eux sont encore détenus. Trois cents inculpations ont également été prononcées.
Un des responsables de la campagne de protestation, Moshé Feiglin, membre de l'aile dure du Likoud, le parti de M. Sharon, a assuré que les manifestants «n'auraient pas recours à la violence. Ils se contenteront de s'assoir sur les routes passivement».
Il a justifié ce genre d'actions en expliquant qu'elles visaient à empêcher une «opération de retrait démente qui va provoquer le meurtre de milliers d'Israéliens par des terroristes (palestiniens)» après l'évacuation de Gaza. Un autre responsable de la police, le commissaire Yaakov Peleg, a révélé que «plusieurs» activistes d'extrême droite soupçonnés de vouloir endommager des lignes de téléphone, d'électricité et des conduites d'eau avaient été arrêtés ces derniers jours.
Dans la bande de Gaza, des heurts ont éclaté entre militaires et jeunes ultras qui se sont retranchés dans des habitations abandonnées dans le bloc de colonies de Goush Katif, dans le cadre de leur campagne anti-retrait. Ces jeunes ont attaqué à mains nues les militaires qui les ont forcés à sortir du bâtiment. Sur le front diplomatique, M. Sharon doit effectuer une visite à Paris fin juillet à l'invitation du président français Jacques Chirac, a indiqué un responsable de la présidence du Conseil israélien qui a requis l'anonymat.
«Cette visite d'une journée et demi aura lieu à la fin du mois prochain avec une rencontre du Premier ministre avec le président français très probablement le 27 juillet», selon ce responsable.
Des civils palestiniens empêchent un tir de roquette sur Israël Des civils palestiniens ont empêché des activistes de tirer une roquette artisanale sur le territoire israélien depuis la bande de Gaza, a indiqué mercredi le ministère palestinien de l'Intérieur. Le ministère a affirmé dans un communiqué qu'une «querelle» avait éclaté mardi soir à Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, entre des habitants et un groupe d'activistes qui avaient tiré une première roquette artisanale en direction du territoire israélien.
La rixe a commencé après qu'un des habitants, apparemment affolé par le bruit causé par le tir, se soit évanoui, selon la même source. «Une querelle a éclaté entre des citoyens de Beit Hanoun et ceux qui ont tiré la roquette. Les citoyens se sont emparés d'une deuxième roquette et l'ont remise aux forces de sécurité», a affirmé le ministère.
Des activistes palestiniens tirent épisodiquement des obus de mortier ou des roquettes artisanales sur des colonies juives dans la bande de Gaza ou sur le territoire israélien en dépit d'une fragile trêve observée depuis fin janvier par les groupes armés. Le leader palestinien Mahmoud Abbas à condamné ces tirs à plusieurs reprises et ordonné aux services de sécurité d'y mettre fin.
Lematin
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