Réactions de la communauté internationale et des partis politiques à la suite de la libération des ex-détenus marocains à Tindouf

Date 21/8/2005 14:40:54 | Sujet : Maroc

Kofi Annan : «un pas positif»

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a salué la libération, jeudi, des prisonniers marocains détenus dans les geôles du "polisario" à Tindouf, dans le Sud algérien.

Le porte-parole du secrétaire général a indiqué que M. Annan exprime "son appréciation à toutes les parties impliquées, notamment au CICR et au sénateur des Etats-Unis Richard Lugar".
"Le secrétaire général considère cette libération comme un pas positif. Il exprime l'espoir qu'elle permettra d'adopter de meilleures relations entre les parties et qu'elle contribuera à surmonter l'impasse politique actuelle", a dit le porte-parole.

Le porte-parole a rappelé que "la Maison-Blanche a dépêché sur place le sénateur Richard Lugar, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, pour superviser la remise des prisonniers au CICR dans les camps de Tindouf".

Cette libération intervient alors que M. Annan vient de nommer l'Italien, Francesco Bastagli, comme chef de la Minurso, en remplacement d'Alvaro de Soto.

Partis politiques : «Une victoire de la diplomatie marocaine»

Des leaders de partis politiques et des acteurs de la société civile ont exprimé, jeudi, leur satisfaction suite à la libération des Marocains qui étaient détenus dans les geôles du "polisario" à Tindouf au Sud de l'Algérie.

Dans des déclarations à la première chaîne de télévision nationale (TVM), ces leaders ont été unanimes à souligner que la libération de ces détenus est le résultat des pressions exercées par le Maroc au niveau de différents forums internationaux et régionaux.

Abdellah Baha, président du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) a affirmé que "la libération des détenus marocains constitue une victoire de la diplomatie marocaine tant officielle, partisane que populaire", soulignant qu'il "s'agit maintenant de se mobiliser pour la question des séquestrés".

M. Baha a appelé, à ce propos, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) à assumer ses responsabilités pour la libération de ces séquestrés.
De son côté, Abderrahim Al Hajouji, président du Parti des Forces citoyennes, a indiqué que "si ce jour représente pour les Marocains un moment de joie, il constitue pour les mercenaires, qui ont tardé à reconnaître un droit légitime défendu par toutes les instances internationales, une journée de honte".

M. Al Hajouji a salué "tous ceux qui ont défendu la cause de ces détenus, notamment la société civile qui a mené ces dernières semaines une large campagne visant à sensibiliser la communauté internationale à la nécessité d'œuvrer pour la libération des détenus marocains".

Pour sa part, Abbas Fassi, secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, a rendu un hommage appuyé au Chef Suprême et chef d'état-major général des Forces Armées Royales, S.M. le Roi Mohammed VI "qui a mobilisé le peuple marocain en toutes ses composantes et dénoncé à maintes reprises cet acte inhumain en violation du droit international", ajoutant que "l'action de S.M. le Roi a eu un échos positif donnant lieu à des résultats probants, en réponse à la revendication légitime du Maroc". Il a indiqué que le secrétaire général des Nations unies a toujours "appuyé la libération des détenus marocains, laquelle position est exprimée également par de nombreux partis politiques à l'étranger".

Pour Driss Sentissi, député de l'Union des mouvements populaires, la libération des 404 Marocains qui étaient détenus dans les camps de la honte à Tindouf est "le résultat de pressions et d'un important travail réalisé par la diplomatie marocaine, tant gouvernementale que parlementaire et des efforts soutenus des partis politiques et de la société civile en général, ainsi que des pressions exercées par la communauté et les organisations internationales, à leur tête les Etats-Unis d'Amériques que nous remercions pour leur soutien à la cause marocaine et pour la libération de ces détenus".

Pour sa part, Issa Ouardighi, secrétaire général du Parti socialiste démocratique (PSD) a indiqué que "le retour à la mère patrie des 404 Marocains qui étaient détenus dans les camps de Tindouf est une victoire de la diplomatie marocaine, des partis politiques, des centrales syndicales et des organisations de la société civile, qui ont entrepris des contacts au niveau international pour parvenir à la libération de ces détenus", ajoutant que c'est aussi "le fruit des mobilisations diplomatiques aussi bien officielles que populaires".

Il a lancé, à cette occasion, un appel "aux séparatistes égarés pour regagner la mère patrie clémente et miséricordieuse", afin de contribuer à l'édification du Maroc de la démocratie, de la modernité, du développement et de la justice sociale.

Le secrétaire général du Congrès national ittihadi, Abdelmajid Bouzoubaâ a estimé que cette libération est "le résultat de pressions et d'un important travail réalisé par la diplomatie marocaine, tant gouvernementale que parlementaire et des efforts soutenus des partis politiques et de la société civile en général, ainsi que des pressions exercées par la communauté et les organisations internationales". Il a remercié les Etats-Unis pour leur soutien à la cause marocaine et pour la libération de ces détenus.

Pour sa part, Abdellah Ferdaous, de l'Union constitutionnelle, a qualifié cette libération de "victoire pour la diplomatie marocaine initiée par S.M. le Roi Mohammed VI", soulignant le rôle des partis politiques et de la société civile.

Il a salué la mobilisation et les efforts déployés par les membres de la communauté marocaine résidant à l'étranger pour faire connaître la cause nationale. "Aujourd'hui, nous cueillions le fruit de ces efforts", a-t-il dit.

"Le peuple marocain ressent aujourd'hui une immense joie suite au retour de ses combattants", a déclaré, de son côté, Abdelouahed Maach, secrétaire général de la Choura et de l'Istiqlal, dont le parti "souhaite une mobilisation populaire pour qu'ils soient entourés de toute l'attention requise".

Mustapha Bouh Barazani, ancien dirigeant du "polisario" et membre du secrétariat du réseau national "Unité et citoyenneté" s'est, pour sa part, félicité de la libération de ces détenus, les plus anciens dans le monde.

S'exprimant sur les ondes de la radio nationale " RTM- chaîne Inter ", M. Barazani a estimé que cette libération constitue un premier pas, soulignant qu'il reste encore préoccupé du sort des disparus et de ceux qui ont trouvé la mort dans les geôles du "polisario", tenant pour "responsable l'Algérie qui abrite le polisario". Il a également salué la mobilisation au niveau international pour obtenir la libération de ces détenus, appelant à déployer davantage d'efforts pour la levée du siège imposé aux séquestrés dans les camps de la honte à Tindouf.

"Ce sont des femmes et des enfants qui vivent dans des conditions inhumaines et qui sont dans le désert sous le contrôle des mercenaires du polisario et de l'armée algérienne", a-t-il dit, poursuivant que "notre combat futur est un combat pour la vérité sur les disparus et sur ceux qui ont été tués de sang froid par le +polisario+ et pour connaître le sort de ceux qui sont séquestrés dans les camps de détention sur le sol algérien qui doivent être libérés eux aussi".

 

Le gouvernement américain félicite Richard Lugar

Le gouvernement américain a exprimé jeudi ses félicitations au sénateur Richard Lugar pour avoir amené l'Algérie et le Maroc à un accord sur les détenus de Tindouf.

"Nous sommes contents d'apprendre la nouvelle de la libération de 404 prisonniers de guerre marocains détenus par le polisario en Algérie.
Nous sommes profondément reconnaissants au président (de la commission des Relations internationales du Sénat) Lugar pour ses efforts visant à assurer la libération de ces prisonniers de guerre et pour ses efforts inlassables pour amener les gouvernements algérien et marocain à un accord", a souligné M. John R. Bolton, représentant permanent des Etats-Unis à l'ONU, dans une déclaration après la libération jeudi des 404 Marocains qui étaient détenus à Tindouf, dans le Sud algérien.

"Nous exprimons notre satisfaction aux gouvernements de l'Algérie et du Maroc pour avoir facilité cet important effort humanitaire", a dit M. Bolton.
Le responsable américain a rappelé que la poursuite de la détention des détenus marocains constituait un obstacle persistant à l'amélioration des relations entre le Maroc et l'Algérie et au règlement de la question du Sahara.

"Certains de ces prisonniers ont été maintenus en captivité pendant plus de vingt ans et la continuation de leur emprisonnement constituait un obstacle persistant à l'amélioration des relations bilatérales entre le Maroc et l'Algérie et au règlement du conflit du Sahara", a relevé M. Bolton.

Jeudi soir, Washington a appelé le Maroc et l'Algérie à saisir l'occasion offerte par ce "développement positif" qu'est la libération des détenus marocains pour améliorer leurs relations bilatérales et créer un climat régional favorable au règlement du conflit du Sahara, et a exhorté "les parties à continuer à œuvrer ensemble dans le cadre de l'ONU avec l'envoyé personnel du secréataire général de l'ONU, M. Peter Van Walsum".

Soutien constant de la France à une solution politique à la question du Sahara

La France réitère son "soutien constant à la recherche d'une solution politique (à la question du Sahara) agréée par l'ensemble des parties, dans le cadre des Nations unies", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay, Jean-Baptiste Mattéi, dans un point de presse.

Paris salue la libération des 404 prisonniers marocains qui étaient détenus dans les geôles du "polisario", dans le territoire algérien, et se réjouit de "ce geste positif" effectué avec l'entremise des Etats-Unis, en liaison avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a-t-il par ailleurs indiqué.
"La France rappelle à cet égard son appui, avec l'Union européenne, à l'action humanitaire que mènent le HCR (Haut commissariat pour les réfugiés) et le CICR dans le cadre de ce dossier", a affirmé M. Mattéi.

 

2005: année pour la libération de tous les prisonniers marocains à Tindouf

Le Collectif pour la libération des séquestrés et prisonniers des camps de Lahmada (Sud-Ouest de l'Algérie) s'est félicité de la libération jeudi des 404 derniers prisonniers marocains détenus depuis plusieurs décennies sur le territoire algérien.

Dans un communiqué parvenu vendredi à MAP-Paris, le Collectif, dont l'objectif est "2005: année pour la libération de tous les prisonniers marocains à Tindouf", réaffirme sa détermination à "poursuivre la lutte pour que l'ensemble des Sahraouis marocains détenus sur le sol algérien puissent regagner la mère patrie, le Maroc, et pour que justice soit rendue aux familles des disparus et à tous ceux qui ont été torturés moralement et physiquement" dans les camps de la honte.

"En cette heureuse circonstance, nos pensées vont aux victimes disparues dans ces camps et aux familles qui ne verront plus jamais leurs proches morts sous la torture", ajoute la même source.

Il convient de signaler que plusieurs milliers de personnes et de défenseurs des droits de l'Homme des quatre coins du monde ont signé, sur le site "www.sequestres.org", une pétition du Collectif qui s'est constitué en France pour la libération des prisonniers marocains.

Source : LEMATIN





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