Les poètes doivent revenir à l'essence politique (critique littéraire)

Date 23/4/2005 21:34:30 | Sujet : Culture

Ouarzazate, 18/04/05 - Les poètes, en particulier, et les intellectuels, en général, doivent prendre en compte le contexte politique et le refléter dans toutes leurs oeuvres, a souligné le critique marocain Najib El Aoufi.

Le rôle existentiel et social de la poésie n'est point de baisser pavillon, mais bien de constituer cette conscience d'une nation et ce flambeau qui éclaire les sentiers obscurs, a estimé le critique, lors d'une conférence littéraire organisée dimanche dans le cadre de la première rencontre poétique et musicale d'Ouarzazate, tenue du 15 au 17 avril courant.



Et d'ajouter, lors de cette conférence intitulée "Y'a-t-il un besoin pour la poésie maintenant?", qu'"il est inconcevable qu'au moment où toutes les voix s'élèvent pour contribuer à la politisation des jeunes, les intellectuels en général et les poètes en particulier tournent le dos à cette facette combien essentielle dans l'expérience de tout poète ".


Evoquant le poète français Jacques Prévert, à titre d'exemple, en matière de description des faits quotidiens, le critique marocain a souligné que si toutes les thématiques, aussi politiques soient-elles, sont passibles d'une transformation poétique, il est impératif que cette opération sauvegarde le ton et la tonalité poétiques.


"Il n'y a point de thématiques tabous dans la poésie, la seule condition qui régit le discours poétique est de se soumettre au cadre littéraire et d'adopter une langue lyrique à même de préserver à la poésie sa valeur esthétique certaine", a-t-il renchéri.


Dans une oeuvre de comparaison entre la poésie des années 60/70 et celles des années 80/90, Najib El Aoufi a relevé des différences sensibles dans les expériences chez un même poète, d'une époque à l'autre. "Le parcours d'un poète n'est jamais un long fleuve tranquille", tranche-t-il.


Les poètes des années 60/70, a-t-il précisé, étaient surtout imprégnés "d'un contexte politique en agitation" et, partant, leurs oeuvres reflétaient "cette tendance au changement et à la critique ardente d'un vécu qu'ils estimaient lamentable".


Concernant leurs homologues des années 80/90, ils se sont engagés dans un processus de remise en question de certaines évidences, non sans une influence palpable d'une mondialisation envahissante, a indiqué le critique.


Dans une quête du soi, a poursuivi Najib El Aoufi, les poètes de la dernière génération planchent surtout sur leur subjectivité et reconsidèrent bien des idées qui étaient, hier seulement, mises sur le compte de l'évidence. Et de conclure que cette génération a mis un terme aux grandes questions pour déclencher les différentes préoccupations subjectives.



Le débat a braqué les projecteurs sur bien des questions, dont celle de l'engagement littéraire qui, bon an mal an, est jetée aux oubliettes, selon un intervenant. L'intellectuel, a-t-il dit, doit s'interroger un jour sur sa fonction dans cette vie, sinon d'éveiller les consciences.



Les autres intervenants ont précisé que le système éducatif devrait permettre aux jeunes de se faire une idée des tréfonds de la poésie et de ses bienfaits sur la constitution de la personnalité de l'être humain.

Source : map



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