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Dossiers du maroc
Obésité
1. PRÉSENTATION Obésité, surcharge en tissu adipeux dans l’ensemble de l’organisme, particulièrement dans les espaces sous-cutanés, entraînant un excès de poids.
En pratique, on définit l’obésité d’après la valeur de l’indice de masse corporelle (IMC, ou indice de Quételet), égal au rapport du poids (en kilogrammes) sur le carré de la taille (en mètres carrés). On parle d’excès pondéral à partir d’un IMC égal à 25, et d’obésité à partir de 30. Au-delà de 40, il s’agit d’obésité massive, ou encore morbide.
2. CAUSES ET MÉCANISMES Les causes de l’obésité (ou des obésités) ne sont pas encore bien connues. L’obésité est un trouble hétérogène impliquant de multiples facteurs, et résultant d’interactions entre statut génétique, comportement et environnement. Le déséquilibre énergétique participant à la constitution d’une obésité implique des anomalies dans les systèmes de régulation d’utilisation des réserves énergétiques.
L’obésité est caractérisée par une prolifération de tissu adipeux blanc (par opposition au tissu adipeux brun, présent notamment chez les mammifères nouveau-nés), dans des proportions telles qu’elle peut entraîner une diminution de la qualité de vie et des complications morbides. Cela peut être le résultat d’une alimentation trop riche par rapport aux besoins. Cependant, seuls certains patients ont des apports alimentaires supérieurs à la moyenne. En effet, on sait aujourd’hui que l’obésité est souvent liée à un trouble de l’utilisation des nutriments, et non à un excès alimentaire. Des chercheurs ont montré que les individus de poids normal compensent leurs excès en réduisant naturellement les prises alimentaires suivantes, alors que les personnes obèses ne le font pas. On commence aujourd’hui à connaître le détail de certains mécanismes biochimiques de l’obésité, ou tout au moins de certaines obésités, et des substances de l’organisme qui y jouent un rôle.
L’obésité n’est que très rarement causée par des perturbations du système endocrinien. Il existe une certaine part d’hérédité, bien qu’inconstante. L’évolution du poids au cours de la vie est variable d’une personne à l’autre : un excès pondéral peut être constaté dans l’enfance et disparaître ensuite ou perdurer; à l’inverse, une obésité de l’adulte peut apparaître dans l’enfance ou ultérieurement. L’obésité peut s’installer à la suite d’un facteur déclenchant : activité physique réduite (par exemple chez les personnes alitées), grossesse, choc émotionnel.
3. COMPLICATIONS Les statistiques montrent que les personnes dont l’excès pondéral est de 30 p. 100 courent davantage le risque de développer certaines maladies, notamment les risques métaboliques (diabète), cardio-vasculaires (insuffisance coronaire, infarctus du myocarde, hypertension artérielle), respiratoires (insuffisance respiratoire) et rhumatologiques (arthrose). Chez l’homme, l’obésité accroît les risques de cancers de la prostate et du côlon. Chez la femme, les cancers du sein, du col de l’utérus et des ovaires sont nettement plus fréquents en cas d’obésité. Dans certains cas, le risque de complications dépend de la répartition du tissu adipeux excédentaire. Ainsi, une accumulation de graisses dans la région abdominale augmente les complications vasculaires. Le retentissement psychologique et les conséquences sociales sont également à prendre en compte dans les complications possibles de l’obésité.
4. TRAITEMENT L’hétérogénéité clinique et biologique de l’obésité ne permet pas un traitement standard de cette affection. Le plus souvent, il est nécessaire d’instaurer un régime hypocalorique, accompagné d’informations nutritionnelles et de conseils diététiques. Ces attitudes thérapeutiques doivent être personnalisées. À l’heure actuelle, il n’existe aucun médicament capable de traiter l’obésité sur le long terme (l’interruption du traitement est souvent accompagnée d’une reprise de poids). Les médicaments utilisés très récemment visent à limiter la digestibilité des aliments (comme les inhibiteurs de la lipase intestinale ou de la galactosidase). Des molécules nouvelles, comme la leptine, en sont au stade des essais cliniques. Les traitements médicamenteux et les régimes doivent s’accompagner d’exercices physiques contrôlés.
Dans les années cinquante, on avait largement recours à des médicaments «de régime» à base de stimulants dérivés de l’amphétamine, dont on mettait à profit les propriétés anorexigènes (inhibitrices de l’appétit). Leur manque d’efficacité et les problèmes de toxicomanie qu’ils ont engendrés les ont fait disparaître — ou presque — de l’arsenal thérapeutique.
Des procédés chirurgicaux ont également été utilisés dans les obésités très sévères et rebelles au régime : les dérivations intestinale et gastrique. Dans le premier cas, une partie de l’intestin est enlevée afin de réduire l’absorption des nutriments. Cette technique a pratiquement été abandonnée, car elle provoque des effets secondaires graves (par exemple atteintes hépatiques ou diarrhées chroniques). Dans le second cas, la plus grande partie de l’estomac est fermée à l’aide d’agrafes chirurgicales. Seule subsiste une petite poche pour recevoir la nourriture, ce qui réduit fortement les possibilités d’absorption des aliments.
5. ASPECTS SOCIO-ÉCONOMIQUES ET PRÉVENTION DE L’OBÉSITÉ La prévalence de l’obésité varie d’un pays à l’autre. Elle peut atteindre un individu sur trois dans les pays les plus industrialisés. Le coût économique de l’obésité représente environ 3 p. 100 des dépenses de santé dans les pays occidentaux. Compte tenu de sa prévalence élevée et de son augmentation constante chez l’adulte comme chez l’enfant, l’obésité est désormais considérée comme un problème de santé publique. Son retentissement sur les aptitudes professionnelles est important.
Des mesures préventives peuvent cependant être mises en œuvre. Elles passent notamment par des campagnes de santé publique sur les aspects qualitatifs et quantitatifs des habitudes alimentaires et par toute information visant à réduire les facteurs de risque dus à l’environnement (lutte contre la sédentarité, promotion de l’exercice physique à l’école, etc.).
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