La grossesse
1. PRÉSENTATION Grossesse, période de la vie d’une femme pendant laquelle elle porte un enfant, entre la fécondation et l’accouchement.
2. DÉVELOPPEMENT DE L’EMBRYON La grossesse commence lorsqu’un spermatozoïde masculin féconde un ovule féminin dans une trompe de Fallope.
La cellule ainsi formée, qui est l’œuf fécondé (ou zygote), descend dans l’utérus et s’implante dans la muqueuse qui tapisse la paroi de cet organe.
Le zygote subit alors un ensemble de transformations, l’embryogenèse, qui en fait un embryon et qui comprend le développement de la forme générale de l’organisme humain (morphogenèse) et la mise en place et la formation des organes (organogenèse). C’est au cours de cette période critique du développement que peuvent apparaître des malformations, et que la femme enceinte doit éviter toute prise médicamenteuse et tout examen radiologique, en dehors de la prescription d’un médecin dûment averti de son état, et qu’elle doit s’abstenir de fumer et de boire de l’alcool.
L’embryogenèse dure deux mois au point de vue physiologique et scientifique, mais on considère qu’elle dure trois mois en pratique médicale courante. L’embryon devient alors un fœtus, qui subit une croissance et une maturation de ses organes.
3. SIGNES DE GROSSESSE Le premier signe de la grossesse perceptible par la femme est le retard de règles. En fait, il est parfois difficile au tout début d’être certaine d’un retard de règles, si les cycles sont habituellement irréguliers, ou si l’on vient d’arrêter une contraception orale (les règles peuvent tarder à réapparaître, même en l’absence de toute grossesse). À l’inverse, la femme peut prendre pour des règles un saignement anormal de l’utérus lors d’une grossesse débutante. Les règles disparaissent bien sûr pendant toute la durée de la grossesse, ce que l’on appelle une aménorrhée. Leur réapparition, ou retour de couches, se fera de quatre semaines à six mois après l’accouchement.
Les autres symptômes de grossesse débutante sont inconstants. La fin du premier mois peut être marquée par une sensibilité et un gonflement des seins, une fatigue, des nausées et des vomissements, une sensibilité accrue aux odeurs, une augmentation de la fréquence des mictions, une humeur changeante. Après douze semaines d’aménorrhée, bon nombre de ces symptômes s’estompent cependant que d’autres apparaissent. Par exemple, les seins augmentent de volume et leur mamelon devient foncé. Mais le symptôme le plus évident est l’augmentation de volume du ventre et une prise de poids progressive, comprise entre 9 et 12 kg en tout, à la fin de la grossesse.
4. GROSSESSES PARTICULIÈRES Bien que la plupart des grossesses se déroulent normalement, certaines complications peuvent se produire, qui nécessitent un traitement adapté
4.1. Grossesse extra-utérine Une complication rare, mais qui peut être grave, est la grossesse ectopique ou extra-utérine, dans laquelle l’œuf fécondé s’implante en dehors de l’utérus, le plus souvent dans une trompe de Fallope ou parfois dans la cavité abdominale. Le symptôme est une douleur soudaine et violente dans le bas de l’abdomen, pouvant survenir à partir de sept semaines d’aménorrhée environ, et associée à des saignements. Si elle ne régresse pas spontanément et si elle n’est pas rapidement traitée de manière chirurgicale, une grossesse extra-utérine peut se compliquer d’une rupture de la trompe et d’une brusque hémorragie dans le péritoine.
4.2. Éclampsie La néphropathie gravidique (appelée naguère toxémie gravidique) est une autre complication possible en fin de grossesse, au troisième trimestre. Il s’agit d’une maladie des reins due à la grossesse et disparaissant après l’accouchement. Elle se manifeste par une hypertension artérielle, des œdèmes (se traduisant par une prise de poids et un gonflement des jambes) et une protéinurie (présence de protéines dans les urines). Le traitement de cette néphropathie est, d’une part, le traitement de l’hypertension artérielle (repos, médicaments antihypertenseurs), et d’autre part, l’accouchement provoqué le plus tôt possible.
La néphropathie gravidique, surtout si elle n’est pas traitée, peut se compliquer d’éclampsie. Il s’agit d’une atteinte du cerveau due à l’hypertension, se traduisant par des convulsions (comme au cours des crises d’épilepsie), et mettant en jeu la vie de la mère et surtout celle de l’enfant. Le traitement est celui des convulsions (médicaments anticonvulsivants) et l’accouchement provoqué. En général, il n’y a pas de récidive lors des grossesses ultérieures.
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