Dossiers du maroc
Quelle place les sociétés maghrébines accordent-elles à la Femme?
Quelle place les sociétés maghrébines accordent-elles à la Femme:
La place dévolue aux maghrébines dans la société, mais plus encore dans les mentalités, apparaît désuète sinon anachronique, souvent insupportable. Valeurs patriarcales prédominantes, islam religion d’État proclamant la prééminence de l’homme, contexte économique difficile, désir d’émancipation de nombreuses femmes, font qu’au Maghreb aujourd’hui, la question du rôle et du statut féminin pose un vrai problème de société.
Dans le système culturel de type patriarcal qui existe dans les pays du Maghreb,la femme n’a de place qu’en tant que mère, et mère de garçons plus précisément.
Être « sans descendance mâle », pour un homme c’est la honte. Pour une femme, la stérilité ou la naissance de filles seules, c’est le drame.
Ces structures idéologiques se sont constituées sur un fondement historique : dans les sociétés paysannes et tribales, des hommes nombreux étaient indispensables (ils apportaient des bras aptes au travail productif, aptes à porter les armes,à défendre la famille et à prendre une place importante dans la vie politique).
Aujourd’hui, après une période de démographie galopante, les dirigeants des pays du Maghreb ont compris les dangers d’une telle politique (emploi, logement, enseignement) et ont pris des mesures pour tenter de limiter une fécondité jugée excessive.
En Algérie et au Maroc les comportements féminins évoluent plus lentement. C’est cependant sous l’influence de l’instruction qu’ils se modifient le plus rapidement : en Algérie les femmes analphabètes ont plus de sept enfants en moyenne, alors que les femmes qui ont bénéficié d’un enseignement secondaire en ont trois.
En Algérie toujours, plus de la moitié des femmes sont analphabètes et au Maroc, la proportion est encore plus forte. Les fillettes fréquentent beaucoup moins l’école que les jeunes garçons, surtout en zone rurale, et elles en sont retirées le plus souvent dès l’âge de la puberté.
Il ne faut donc pas s’étonner d’une très forte disparité entre les taux d’activités professionnelles entre hommes et femmes.
Le travail féminin à l’extérieur du foyer est rare, limité à des milieux sociaux extrêmes : domesticité astreignante et main-d'oeuvre non qualifiée, ou intellectuelles en petit nombre dans les métiers de l’éducation ou de la santé.
Après les facteurs culturel et économique, il faut prendre en considération les dispositions légales qui régissent, à travers les codes maghrébins de la famille, le statut de la femme mariée.
En Algérie et au Maroc le célibat est proscrit ; il est donc fait obligation à chaque femme de donner des enfants à son mari (la stérilité justifie la répudiation).
La femme doit allaiter son enfant et veiller à la bonne marche du foyer. L’épouse doit obéissance à son époux (y compris en Tunisie). En Algérie et au Maroc, la polygamie est autorisée, l’adoption interdite et l’adultère sévèrement réprimé pour la seule femme.
Le code marocain (La Moudouana) est le plus proche de la chari’a (normes définies par le Coran).
En dépit de nombreuses résistances, l’évolution de certains États vers la démocratie, à commencer par la conquête de la laïcité, devrait permettre à plus ou moins long terme davantage d’égalité entre les hommes et les femmes du Maghreb.
|
[ Retour à dossiers thématiques - Société |
Retour à l'index des dossiers | ] |
|