Menu principale
 Spécial Maroc
 Infos pratiques
 Nos partenaires
- séjour Maroc
- Hôtels Maroc
- Guide Achat
- Guide Voyage
- France Mobile
- Cuisine du monde
- Cuisine marocaine
- Carte du monde
- Guide du maroc
- Top France
- Top du maroc
- Vêtements pour femme
- Chaussures pour femme
- Référencement maroc
- Actualité maroc
- maroc immobilier
- Rabat
- Doukkala
- Marocains à l'Etranger
- Maroc annonces
 Recherche

Recherche avancée
Dossiers du maroc

“Rencontres de Fès” Colloque 2004

Telle que l’image d’un tableau impressionniste multicolore, le motif d’ensemble du colloque se définit peu à peu. Deux thèmes, cependant, reviennent souvent à notre esprit : le concept du lien et de la communication, et le symbole des traces de lumière qui représentent les éléments fondamentaux et essentiels au feu de l’action.

Au cours de cette seconde journée, le rôle fondamental de l’individu restait le centre d’attention, plus précisément sa motivation et son essence-même, la nature de l’esprit et de l’âme humaine étant à la base des discussions et débats. Les liens entre individus et institutions ont formulé la question fondamentale : comment affronter le défi du changement à ces deux niveaux ? Les motifs et les idées qui s’entrelaçaient au fil de la journée devinrent les éléments moteurs et conflictuels de l’action, à savoir la colère, l’indignation, la compassion, l’humilité et finalement l’amour. A la base se trouvait en effet un désir d’engendrer et de donner vie aux valeurs essentielles et communes auxquelles nous croyons, en respectant néanmoins les perspectives et priorités de tous. La sagesse d’un intervenant nous rappela, cependant, que la spiritualité est très personnelle, et que nous la ressentons chacun par notre vision, nos sentiments, et surtout par nos émotions. Ceci est difficile à formuler, à la limite impossible. M. Richard Ernst emprunta la formule célèbre de Gandhi : « Vous devez devenir la transformation que vous souhaitez pour le monde ».

Les discussions de la journée se sont divisées en trois parties : premièrement, une présentation sur thème de la spiritualité et des enjeux mondiaux ; deuxièmement, des discussions de grande portée au sein du groupe de travail, et troisièmement l’atelier en fin de journée.

Au cours de sa présentation, M. Ahmed Toufiq souligna les grandes lignes du thème : la spiritualité et les enjeux du monde contemporain. La spiritualité est un sujet tellement vaste qu’il est presque dangereux de l’aborder. Il nous parla de la force que peuvent nous donner les écritures saintes et l’inspiration des prophètes. Ces derniers tracent, en fait, une voie d’amour. Il s’est aussi penché sur les liens nombreux et important dans l’assimilation de la spiritualité, et que nous devons tous s’impliquer pour faire face aux problèmes qui nous affrontent : liens entre le cœur et le corps, l’individu et la communauté. Il est essentiel, nous a-t-il confirmé, d’exprimer notre force et notre énergie, et surtout notre générosité. Il revenait toujours à l’importance du dialogue et de l’espoir que le monde nous reviendra.

Par la suite, Dr. Richard Ernst s’est penché sur le monde des sciences et de la spiritualité. Son thème initial était que tous les problèmes sont globaux, et tel que prononcé par M. Joseph Stiglitz, nous ne pouvons pas combattre la globalisation et que nous devons œuvrer pour la globalisation. Dr. Ernst ressentait que de nombreuses cultures traditionnelles se voyaient menacées, tel que dans le cas des menaces contre la biodiversité, et prévoyait une perte immense pour l’humanité si ces cultures disparaissaient. Il insista sur la nécessité d’être en contact avec les autres cultures, non seulement en théorie, mais en pratique, et en les vivant. Selon lui, tout n’est pas noir ou blanc, bon ou mauvais, et nous possédons tous du positif et du négatif. Il compara les peuples de l’ouest à des taupes qui creusent sous la terre, en contraste avec les moines du Tibet qui se penchent sur leurs textes, et oeuvrent ensemble pour atteindre la sagesse. L’essence de la vie ne peut exister sans les efforts communs. Dr. Ernst lança également un défi aux universités pour qu’ils assument un rôle plus important dans le monde contemporain. Il parla de la nécessité de réformes radicales pour que nos universités puissent redevenir les frontières de la recherche pour le bien commun, et non des instituts de recherche sans rapport avec monde d’aujourd’hui.

Les discussions du groupe de travail se sont avérées complexes et sophistiquées. Chacun des intervenants avaient des points de vue très variés, souvent contrastants, et les discussions dans l’ensemble étaient d’un haut niveau intellectuel, passionnantes à observer. Les commentaires variaient selon les aspects personnels ou abstraits. Le ton était à la fois sérieux, mais aussi mois lourde. La conclusion d’un intervenant nous rappela que, finalement, nous ne sommes que des sachets de peau, et que ne devons pas nous prendre trop au sérieux.

Huit thèmes sont ressortis des discussions, bien que de nombreuses questions aient été soulevées.

• La signification de la nature humaine et des discussions sur l’essence de la condition humaine, de la spiritualité dans le rôle d’interface entre les conditions externes et notre souffrance interne, ainsi que notre joie ; l’arrogance de la puissance ; l’importance de la curiosité ; ainsi que le rôle de l’indignation, de la colère et de la compassion.
• Un examen de la laïcité, et la notion d’un état laïc. Thierry de Montbrial donna l’exemple des 100 années de laïcité en France pour illustrer la prospérité indépendante de l’église et de l’état. Il nous rappela l’expression : « donnez à César ce qu’il lui revient, et donnez à Dieu ce qui est à Dieu » pour démontrer que la laïcité est un modèle qui mérite une attention et un respect particuliers.
• La puissance de l’inspiration, avec l’exemple de Mahatma Gandhi qui était omniprésent au cours de la journée. Mme. Kamla Chowdry se pencha sur la question fondamentale de connaître l’origine de l’inspiration qui le guida vers son approche non-violente au changement. Quelle fut l’expérience de Gandhi pour qu’il devienne aussi passionné dans sa quête pour la transformation du monde ?
• Les dirigeants du fondamentalisme, avec des discussions sur la violence et les liens au fondamentalisme. Un débat sur le pouvoir des religions se déroula, y compris la violence engendrée en son nom au cours des siècles. Comment bannir la violence de nos traditions ?
• La continuité et les changements. Cette rubrique comprenait la globalisation et les discussions se sont penchées sur la rapidité de son expansion ainsi que sur la possibilité de changer les avis et la vision du monde. Dans une perspective négative, la croissance sans contrainte fut illustrée par l’exemple du cancer qui détruit en se perpétuant. Le souhait fervent fut de rechercher une solution pour assurer la fin des guerres religieuses.
• Les bases de l’équilibre dans le monde étaient présentes au cours des discussions sur la spiritualité, surtout en ce qui concerne l’importance des sentiments spirituels qui guident la motivation et donnent un sens à l’action. Les limites entre spiritualité et religions organisées ont également été discutées et leur rôle potentiel dans le monde politique.
• La puissance potentielle des valeurs universelles : comment s’inspirer des valeurs universelles, et à quel point sont-elles réellement universelles et communes à nous tous ?
• En conclusion, plusieurs intervenants ont démontré une certaine ambivalence dans leurs réflexions sur le rôle de la spiritualité dans le combat contre les problèmes de notre monde. Ils avaient, par ailleurs, des visions et priorités radicalement différentes.

Une citation de Goethe provoqua une discussion animée : « La réflexion est facile ; l’action est difficile ; et agir selon des principes est le plus difficile ». Certains entendaient ceci comme un témoignage des dilemmes que nous affrontons au sein des communautés, tandis que d’autres ne croyaient pas en sa validité : nous sommes ce que nous faisons, et nous faisons ce que nous sommes.

Une dernière remarque, de ma part, provient de l’absence de discussions sur le rôle des femmes au cours des débats. La foi, la spiritualité et la religion sont essentielles pour les femmes dans de nombreuses cultures. L’ironie, cependant, est que la femme est souvent absente dans la hiérarchie formelle religieuse et les enjeux de la femme, telle que la violence contre elle, ne font par partie des débats sur la foi.

L’atelier se tourna alors vers deux autres thèmes, avec le défi omniprésent de décider comment procéder. La participation des intervenants a reflété le désir intense de continuer les débats, témoignant de l’intérêt suscité. Ils recherchaient donc non seulement la discussion mais une solution pragmatique centrée sur l’action.

Parmi les sujets concernés était la vraie définition de laïcité et sa signification à l’heure actuelle, autant sur le plan global qu’au niveau de pays et communautés spécifiques. Un autre thème soulevé fut la notion des liens et différences entre spiritualité et religion. A la suite de longues discussions, un intervenant conclut qu’il serait très dangereux de tenter la séparation de la spiritualité et de la religion, du bien et du mal. Ce faisant, nous pourrions tous quitter Fès avec le souvenir d’une belle expérience, sans donner juste valeur aux enjeux complexes de la réalité de la puissance, du conflit et de la tension. Les questions de bien et de mal, puissance et faiblesse qui ont été évoquées dans la matinée, sont revenues au sein des débats. Des questions ont été posées, et certaines réponses formulées concernant le rôle du dialogue sur la foi et son impact sur la diplomatie globale et l’action. La condition essentielle pour une action durable serait de développer les synergies et les réseaux qui sont en cours de transformation. Par ailleurs, l’éducation, l’éducation, l’éducation : c’est là que se trouve l’outil le plus important pour faire face aux problèmes du monde actuel. Le rôle vital des media est de se pencher sur ces questions et les universités doivent assumer leurs responsabilités pour assurer les changements et transformations essentielles.

Des mesures concrètes ont été proposées également. Par exemple, faire de Fès une académie de paix et de diplomatie en regroupant des individus dévoués à ces questions. Par extension, Fès pourrait aussi devenir un centre de méditation pour le monde Islamique, et bénéficier d’une charte ou déclaration dans ce sens. Sur une note pratique, les intervenants ont demander de recevoir une liste des participants pour continuer le dialogue.

En conclusion, la musique de Françoise Atlan a inspiré quelques derniers sentiments. Pour développer et continuer le dialogue qui s’est déroulé à Fès, il serait essentiel que son esprit résonne également au delà du Festival et du temps. J’ai eu le privilège de témoigner l’esprit de Fès au mois de mars 2004 quand le groupe, « Spirit of Fès » a fait la tournée de 17 villes aux Etats Unis, au cours de laquelle plusieurs colloques se sont déroulés accompagnés de festivals musicaux. Il est donc fort possible de communiquer le message de Fès au-delà du Maroc. En effet, la diversité culturelle est un don précieux, les interactions sont faisables et doivent être célébrées. Ceci démontre que le défi de former et développer la globalisation peut être affronté et surmonté. Les larmes dans les yeux de nombreuses personnes lors du chant conjoint Israel/Palestine démontrent le désir ardent de voir naître cette diversité culturelle et que nous pouvons accomplir beaucoup plus pour atteindre cette réalité.


Intervenants : Ahmed Toufiq ; Richard Ernst ; Jacques Attali ; Kamla Chowdry ; Frédéric Lenoir ; Thierry de Montbrial ; Matthieu Richard ; Idrissa Seck ; et Patrice Barrat


Retour à l'index des dossiers Retour à l'index des dossiers
[ Retour à Festival du Fès | Retour à l'index des dossiers | Format imprimable]
 Publicités

 Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 


Perdu le mot de passe ?

Inscrivez-vous maintenant !